Ta beauté engendre en moi un
vertige, tu domines les légendes, ma raison n’est plus
qu’un lointain vestige, quel vertige !
Je n’ai plus les pieds au sol
mais au plafond, et la tête dans le cresson, je chute vers les
hauteurs, je grimpe dans tes profondeurs, j’ai pendu le Nord,
et les trois autres, plus de direction, j’ai trouvé mon axe
d’élévation naturelle.
Ta beauté m’enivre, fait tourbillonner mes sens, tous se donnent la main pour une danse de joie, autour de toi. Tout mon être court, tend vers toi, mon cœur bat plus vite, le sang circule plus vite, partout en moi, c’est comme un torrent, un fleuve sorti de son lit, dans ton nid me retrouver, trouver, enfin un univers enclin à un autre destin que celui dessiné par les assassins qui font ici et partout offices de saints.
Je n’ai pas honte de dite ce que je ressens, car je le vis, et quoi de plus légitime quoi de plus précieux, que le témoignage de ce que tu suscites en moi.
Oh bien sur dans un monde où même les parents ont des manquements d’amour envers leurs enfants, par principe de précaution, je sais que tant d’amour divulgué c’est suspect, cela relève de l’anormal, ou de l’exceptionnel, quand on prend réellement la vie du bon côté.
Tant d’amour, de vérité, de spontanéité, de franchise, de naturel, ça dérange, pas habituées, dans ce désert aride des sentiments où seule l’épineuse question de la confiance continue à cuire sans avoir encore été consumé par ce soleil de soldats de plomb.
Comme une branche trop chargée qui casse, tel est mon amour, tu casses, rompt toutes relations, le fruit est perdu et sera mangé par la terre, jamais il ne touchera ta main.
Faute d’amour en retour, la vermine sera ma compagne, ma fille, la pourriture, ma famille, les vers.